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samedi 27 septembre 2014

"L'affaire Charles Dexter Ward" : vous ne serez pas déçu(e) du voyage

Providence, États-Unis, 1918. Charles Dexter Ward est un jeune homme passionné d'archéologie, d'histoire, et de généalogie. C'est par le biais de cette dernière que Ward se découvre un ancêtre nommé Joseph Curwen, qui avait fui la ville de Salem lors de la grande chasse aux sorciers au cours du XVIIIe siècle, et qui vint s'établir à Providence, où il décéda en 1771. Cette découverte sera le début d'un drame au cours duquel le jeune homme perdra l'esprit. Pourquoi, par exemple, l'écriture et le comportement de Charles Ward deviennent-ils peu à peu semblables à ceux de Joseph Curwen ?

J’ignore comment je vais me débrouiller pour raconter cette fameuse affaire Charles Dexter Ward, articulée autour de l’étrange Joseph Curwen, homme sans âge au propre comme au figuré. L’intrigue se déroule à Providence, après le départ précipité de Curwen de Salem aux prémices de la chasse aux sorcières. Curwen, ancêtre de Charles Ward, lui-même passionné par les vieilles choses, dont la généalogie. Dès le début de l’histoire, Joseph Curwen semble être éternel. Peu à peu, il assoit son pouvoir sur la ville de Providence, étend son commerce, amasse une petite fortune. Il devient puissant de toutes les manières possibles. Les habitants émettent des doutes, soulèvent des hypothèses, croient à tout même en l’impossible. Surtout en l’impossible. Et l’inimaginable se joue là, devant leurs yeux, dans leur propre cité. Des gens disparaissent, des lumières aveuglantes déchirent le ciel. La peur prend le dessus. L’ensemble du récit est narré. Pas de dialogues, des lettres, et des références au célèbre Necronomicon. Lovecraft, je le constate une fois encore, était doué pour décrire le fantastique, le stupéfiant, l’horreur. L’affaire Charles Dexter Ward est une plongée en enfer, en plein cœur de la folie. Ward, au fil de son enquête depuis sa découverte de la tombe de son ancêtre, perçoit les contours d’une histoire diabolique, innommable. D’entrée de jeu, on sait qu’il n’en sortira pas indemne et que feu son ancêtre exercera sur lui une forme de pression diabolique.

Ma note : ★★★☆☆

L’affaire Charles Dexter Ward – H. P. Lovecraft – novella fantastique – J’ai Lu – 4€

jeudi 8 mai 2014

"Le démon du vitrail" : il est des choses qu'il vaut mieux ne pas découvrir


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Lin Fox a dix-sept ans quand son père, un universitaire anglais spécialiste du Moyen Âge, décide de s'installer avec sa famille à Baumgarten, un village allemand isolé. Il espère y retrouver les célèbres vitraux médiévaux d'Allerheiligen, disparus depuis des siècles et dont la découverte lui assurerait fortune et gloire. Mais ses nouveaux concitoyens ne partagent pas son enthousiasme : pour certains, les vitraux n'ont jamais existé ; pour d'autres, ils ont été détruits ; et pour presque tous, ils sont maudits. Selon la légende, ils seraient hantés par le démon Bonschariant, et quiconque s'en approche est condamné à mort.
Superstition ? Pourtant, dès le jour de leur arrivée, Lin découvre le corps d'un vieil homme, entouré de verre brisé... Bientôt les cadavres s'accumulent, et la vie de Lin tourne au cauchemar. Avec l'aide de son jeune voisin, elle se lance à son tour dans la quête aux vitraux, persuadée qu'ils la mèneront au tueur. Mais pourra-t-elle arrêter la malédiction et sauver sa famille ?

D'emblée, je dirai qu'il s'agit d'un très bon livre. Dommage que le correcteur et le traducteur ne se soient pas foulés (j'ai relevé pas mal de fautes et de phrases qui ne voulaient rien dire/mal formulées ("un livre encore pas écrit", des verbes accordés au singulier avec un nom au pluriel...). Pas de quoi fouetter un chat diront certains, d'autant que ces erreurs ne m'ont pas sortie de ma lecture. Heureusement que l'histoire en elle-même me happait. Donc pour les fautes, c'est tout sauf acceptable.
Pour le texte en lui-même, je n'ai qu'un mot : efficace. Helen Grant a une manière bien à elle d'induire le lecteur en erreur. Pistes qui finissent dans le mur, informations volontairement éparpillées. Elle nous dit ce que l'on veut entendre. Suspense qui ne faiblit pas, atmosphère mystérieuse voire oppressante parfois... Un très bon thriller, car n'oublions pas qu'il s'agit avant tout de résoudre plusieurs meurtres. Et c'est là que l'auteure joue avec l'imagination du lecteur et qu'elle compte sur elle pour faire le plus gros du travail (à la manière d'un Richard Castle qui est persuadé d'avoir affaire à un DVD maudit ou que l'assassin est Bigfoot). Le lecteur est emballé et veut connaître la fin. Il aimerait bien émettre toutes sortes d'hypothèses, mais les indices sont si flagrants qu'il ne peut s'agir que de ce qu'on pense. On se laisse volontiers prendre, en fin de compte.
Je frôle le coup de cœur (si seulement il n'y avait pas eu ces maudites fautes !).

Ma note : ★★★★☆

Le démon du vitrail - Helen Grant - roman - France Loisirs - 4,75€