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mercredi 30 septembre 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Stéphane Desienne

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Place à Stephane Desienne, le roi de la chair fraîche ! Au programme : webséries, aliens, café et idées. Vous reprendrez bien un peu de zombie, aussi ?

vendredi 24 juillet 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Michael Roch

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Cette fois, c’est Michael Roch qui s’y colle. Ça a causé pulp, DIY et lapins. Oui. Sans oublier la Brigade du Livre !

dimanche 19 juillet 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Pascal Bléval

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Pascal Bléval s'est fait un plaisir de répondre à mes questions. On a parlé littérature de l'imaginaire, auto-édition et ebooks. Bonne lecture !

Aude Réco : tu te présentes s'il te plaît ?

Pascal Bléval : Je m'appelle donc Pascal Bléval. Dans une autre vie, alimentaire celle-là, j'ai un autre nom, plus commun. Sur les forums, je suis généralement "Scalp". C'est une déformation de "Pascal". J'ai 36 (presque 37) ans, 3 enfants et je suis marié. J'écris depuis tout petit. Enfin... J'ai essayé une fois, après avoir lu "l'arbre de tous les ailleurs". J'ai repris au Lycée, jusqu'à rencontrer ma femme, ce qui m'a valu une petite interruption de 6-7 ans. Et il y a 4-5 ans, j'ai retrouvé le chemin de l'écriture pour de bon. A présent, je ne le lâche plus, ce chemin ! J'ai d'ailleurs passé un marché avec mon "autre moi" pour qu'il m'alimente le corps. De mon côté, j'alimente son esprit avec mes univers et mes histoires. Voilà, je crois que ça résume bien.

A. R. Parle-nous un peu de ton rapport à l'écriture. Des TOC ? (J'adore les TOC !).

P. B. Hum... je crois que mon TOC, ce serait que je déteste simplifier la vie de mes personnages. J'aime qu'ils souffrent (au moins un peu). Concernant mon rapport à l'écriture... elle me permet de m'évader. D'oublier un peu le monde réel, l'espace de quelques instants. C'est d'ailleurs pareil avec la lecture et les jeux vidéos, mais en (un peu) moins productif. Disons que quand j'écris, je vois le résultat. Quand je joue, c'est une façon d'alimenter mon imaginaire, de me détendre, mais c'est tout ce que ça m'apporte.

A. R. Je crois qu'à peu près tous les auteurs raisonnent de cette manière...

P. B. Oui, j'imagine que les auteurs sont un peu sadiques sur les bords, pour la plupart en tout cas. D'ailleurs, je préfère lire de la littérature de l'imaginaire précisément pour m'évader du quotidien : j'évite de lire des histoires qui me ramènent à la vie de tous les jours, en général. Idem côté écriture: la littérature de l'imaginaire me permet de justifier les fantaisies qui me passent par la tête. Mais mon côté cartésien me force à les justifier, cela dit, et à les rendre crédibles au maximum. Je considère aussi que l'écriture devrait un peu sortir de sa bulle par rapport aux autres facettes de l'art, telle que l'illustration, les jeux vidéos, la musique, par exemple. C'est pour ça que j'essaye de mettre en place de véritables partenariats avec des illustrateurs, dans le cadre de mes prochaines publications. J'en ai déjà un qui bosse à fond sur l'artbook d'un prochain projet de fantasy, un autre partenariat est en train de se nouer, et un troisième en est au stade des premiers contacts. Jean-Sébastien Guillermou semble d'ailleurs adopter la même approche: voir sa bande annonce musicale, ses personnages en crayonnés, etc. À ceci près qu'en tant qu'auto-édité, j'ai désormais plus de liberté pour mettre ces idées en pratique (mais moins d'argent qu'un éditeur). Le partenariat sur le point de se nouer est pour mon projet de SF du Chant de l'arbre-mère, au fait.

A. R. Peux-tu écrire n'importe où, avec n'importe qui autour ou c'est keep out pour tout le monde ?

P. B. Oui. Oui. Non. J'écris dans le train, donc au milieu des "métro-boulot-dodo" dont je fais partie. Avant ça, j'écrivais dans le bus. Il m'est arrivé d'écrire debout dans le bus, une demi-fesse câlée sur un morceau de fauteuil. Et j'arrive aussi à écrire dans le salon pendant que mes enfants regardent Card Captor Sakura à la TV. Le train me donne beaucoup de facilité pour écrire : 1) j'ai 2 heures de trajet pour aller au boulot (donc 4h par jour) dont facilement 1h15 assis, 2) je n'y ai pas internet, 3) j'ai mes écouteurs sur les oreilles avec de la musique que j'aime, 4) j'utilise un mini ordi qui est fonctionnel pour utiliser word, mais pas pour tellement plus que ça. Seul bémol : quand j'utilise antidote sur cet ordi, je ne peux corriger que 2-3 pages à la fois, sinon ça rame trop voire ça plante.

A. R. "Siffler en travaillant ♪". Non, faut que j'arrête avec ça.

P. B. Hého hého, on écrit au boulot !

A. R. Bien ! En parlant de boulot, sur quoi travailles-tu en ce moment ?

P. B. Sur le feu pour de bon, j'ai :
1) la fin de mon Chant de l'arbre-mère : il vient de partir chez la correctrice ;
2) le second jet d'une nouvelle pour l'AT "Antho noire" (deadline 15/06) ;
3) deux autres nouvelles à récrire pour deux autres AT ;
4) un projet de fantasy (comique sur les bords) qui se met en place (Sous le soleil torve de la lune bleue) ;
5) un projet de fantasy sur mes Terres Sombres (un énorme univers qui comportera à terme au moins 4 ou 5 arcs, et qui est déjà constitué d'1 arc complet mais atypique, sous la forme d'une série de mini textes de 100 à 300 mots seulement).
Voilà sur quoi je travaille, mais d'autres projets dorment dans leur coin en attendant que je leur donne un petit coup de pied aux fesses.

A. R. Multi-projets, donc. À propos du Chant de l'arbre-mère, comment en es-tu arrivé à l'écrire ?

P. B. Hum... Je me suis auto-plagié. Tout est parti d'une nouvelle intitulé Les conteurs. je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer le Chant de l'arbre-mère, cependant. Cette nouvelle a tenté de se changer en roman à l'occasion d'un concours de roman il y a 6-7 ans, lancé par Barry Cuningham, je crois (l'éditeur de Harry Potter, si je ne m'abuse). Puis, j'ai écris une autre mini-nouvelle reprenant le thème principal des Conteurs. Puis une novella a vu le jour, toujours en exploitant le même ressort principal. À chaque fois, j'abordais le thème en question sous un angle radicalement différent. Fantasy, SF, fantastique, jeunesse-fantasy, tout cela a été testé. Et un jour, je me suis lancé dans l'auto-édition et je me suis dit que la novella du Chant de l'arbre-mère pourrait être un texte accrocheur. J'ai donc démarché un illustrateur, et j'ai relu le texte pour voir comment l'améliorer. Peu à peu, j'ai tellement modifié le texte d'origine que, au final, j'ai pris la décision de le réécrire complètement ! En gardant les personnages d'origine mais en ajoutant 2 nouveaux protagonistes. En allant beaucoup plus à fond dans les rapports entre personnages. En détaillant les motivations du principal "antagoniste". Et c'est ainsi qu'une novelle de 60K caractères est devenu un roman de 450 K caractères. En cinq-six mois.

A. R. Pourquoi le choix de l'auto-édition, justement ?

P. B. Je tiens à préciser qu'à aucun moment cela n'est un choix "contre" l'édition traditionnelle. C'est vraiment un choix, pour moi, l'auto-édition, et pas un choix par défaut. En fait, c'est une succession d'étapes franchies tour à tour qui m'ont décidé à tenter l'auto-édition. La première étape, c'est le regard positif de mes amis, bien sûr. La seconde, ça a été le concours de nouvellistes de "Nouveau Monde" sur Facebook, il y a quelques années déjà. La troisième, c'est quand certaines grenouilles présentes dans des comités de lecture ou travaillant pour l'édition traditionnelle m'ont dit qu'un de mes textes était "publiable". La quatrième, c'est quand un tout jeune éditeur m'a contacté pour éditer un projet de roman de fantasy basé sur mon univers des Terres Sombres (ce projet devrait voir le jour l'an prochain en auto-édition). La cinquième et dernière, c'est quand j'ai été intégré au microcosme des auto-édités sur Facebook et que j'ai vu certains succès autour de moi, d'une part, mais aussi quand ces personnes m'ont expliqué à quel point c'était facile de s'auto-publier. S'auto-éditer, en revanche, est déjà plus complexe. S'auto-éditer, ça veut dire s'entourer d'une équipe: illustrateur (couverture), relecteurs (ou alpha/bêta-lecteurs/lecteurs tests/etc), groupies...

A. R. C'est important les groupies !

P. B. Extrêmement ! C'est bon pour le moral, au moins autant que le chocolat.

A. R. Et ça ne fait pas grossir !

P. B. C'est clair. Mais le chocolat non plus, s'il n'est pas trop pâle. Quand je dis que je n'ai pas choisi 'l'auto-édition "contre" l'édition tradi, je tiens à redire que je compte régulièrement (entre 2 projets de roman auto-édités) tenter ma chance lors d'appels à textes de nouvelles. En tout cas, ce n'est pas pour l'argent facile que j'ai choisi l'auto-édition.

A. R. L'année dernière, tu as publié Chroniques d'une humanité augmentée. Pourquoi ce sujet ?

P. B. Parce que la réalité virtuelle est un sujet qui m'interpelle beaucoup. Réalité virtuelle et réalité augmentée, d'ailleurs, même si j'aborde plutôt la réalité virtuelle. Avant de vouloir écrire mes Chroniques, j'avais vu ExistenZ, sur le sujet et, par la suite, un film abordant l'utilisation de clones par des gens installés dans leurs fauteuils de connexion (zut, je ne me rappelle pas le titre). On pourrait citer Matrix, aussi. Mais je me demande si je n'avais pas écris la première des nouvelles du recueil avant la sortie de Matrix.
En fait, j'avais écrit plusieurs nouvelles éparses sur le sujet de la réalité virtuelle (chacune de leur côté, de façon totalement séparée). Et lorsque j'ai réfléchi à m'auto-éditer, je me suis demandé quels recueils je pourrais publier qui me permettraient de regrouper plusieurs textes avec une ligne conductrice commune. Une fois les textes rassemblés, et suite à un premier retour de lecteurs, j'ai tenté d'unifier encore plus les textes en faisant vivre la famille Sciarmozzi, qui est centrale dans tout le recueil. Je pense réellement que la réalité virtuelle va changer nos vies dans les prochaines années. Je pense que mon recueil, qui est de l'anticipation aujourd'hui, sera en fait de la littérature blanche dans une ou deux décennies. Enfin, jusqu'au 2/3 tiers du recueil. Pour la dernière partie, il faudra attendre plus longtemps avant que ce ne soit réalisable.

A. R. J'avoue ne pas l'avoir encore lu (gloup). Plutôt organisé, bordélique, ça dépend ?

P. B. Quoi !? Je sors. Ça dépend, en fait. Quand j'écris, dans le train, j'essaye de m'organiser au maximum de façon à ne pas perdre de temps. Mais quand je suis chez moi, j'ai plus de mal à m'organiser. J'ai besoin d'une "liste de choses à faire" et même comme ça, j'ai du mal à m'y tenir.

A. R. Coupain ! Est-ce que tu domptes ton imagination ou tu laisses couler ?

P. B. Là encore, ça dépend. Dans mes microphémérides, je laisse couler. Pareil, en général, pour les textes que j'écris dans le cadre des ateliers d'asphodèles. Mais pour le reste, je planifie. Ce qui n'empêche pas mon imagination de parfois prendre le mors aux dents et de n'en faire qu'à sa tête !

A. R. Muse est un tantinet contrariante, oui. Papier ou numérique ? Pour quelle(s) raison(s) ?

P. B. En tant qu'auto-édité, je te dis "numérique". En tant que lecteur, mon cœur balance. Casquette "auto-édité" : moins de frais pour la publication d'un livre numérique, pas de problème de stockage donc de risques que les livres s'abiment. Et du coup (du fait de moindres frais), un % de marge plus important sur le numérique que sur le papier. Problème : entre les deux, le cœur des lecteurs balance clairement, en France. Ce que je peux comprendre, bien sûr. Même si je me mets peu à peu à la lecture numérique, j'aime quand même mieux avoir un livre papier entre les mains, bizarrement. C'est quelque chose que je ne m'explique pas. Mais pour rendre ce sentiment plus concret : un livre papier que j'aurai acheté "moisira" moins longtemps sur une étagère avant que je le lise, qu'un livre numérique dans ma liseuse. C'est ainsi que j'ai des ebooks qui attendent que je les lise depuis 3 ou 4 ans (Blanche, pardon !!!!!)

A. R. Bon, en même temps, un ebook qui moisit... OK, je sors. Un auteur ou un livre que tu adorerais me faire détester...

P. B. Tu ne serais pas un peu tordue, toi ? Question difficile...

A. R. Très tordue, en effet !

P. B. Le dernier livre de Trierweiler. Mais as-tu besoin de moi pour ça ? Non, je ne l'ai pas lu, mais rien que ce qui s'en dégage me paraît malsain. Ça a un côté trop revanchard à mon goût.

A. R. Un livre que tu as lu, alors ?

P. B. ais euh..; je ne lis que des livres que j'aime ! (Et vice-versa). Comment veux-tu que je te demande de détester un livre que j'aime, moi, hum ? Remarque, à une époque, j'ai lu les Particules élémentaires ou les Testicules élémentaires, je ne sais plus. Et oui, celui-là, j'aimerais bien que tu le détestes.

A. R. Il y a une différence entre les deux quand même.

P. B. Entre les 2 titres ? Hum, oui, en effet, maintenant que tu le dis. Le second est nettement plus proche du sujet abordé dans le livre. Comment veux-tu que je te demande de détester un livre que j'aime, moi, hum?

A. R. Élémentaire, mon cher Watson. Comment te définirais-tu en trois ou quatre mots ?

P. B. Grenade. Dégoupillée. Persévérance. Imaginaire. Les 2 premiers mots, c'est pour symboliser ma quasi-incapacité à ne me focaliser que sur un unique projet à la fois. Parce qu'en plus des projets cités plus haut, je collabore donc aussi aux microphémérides et j'ai 2 autres projets top secret à l'heure actuelle.

A. R. Mamma Mia ! Après la licorne, j'ai une grenade. Ton morceau du moment...

P. B. Mon morceau ? Hum... Tiens eh bien Sabotage.

A. R. Héhé. Quelque chose à dire pour terminer ?

P. B. Pour ceux qui n'écrivent pas, je dirais qu'il faut lire ! Lire des jeunes auteurs, découvrir aussi bien les auto-édités que les traditionnels. Découvrir ! Pour les auteurs, il faut savoir s'astreindre à une pratique aussi régulière que possible si on veut progresser chaque jour un peu plus. Lire des nouvelles, aussi. C'est un genre qui mériterait de gagner ses lettres de noblesse en France.

A. R. Et si tu me le permets, j'ajouterai pour les auteurs à apprendre à avoir confiance en soi.

P. B. Oui, tout à fait. Le confiance s'acquiert aussi par la pratique. Et surtout, surtout, il ne faut pas écrire POUR gagner de l'argent. Il faut écrire par plaisir et ENSUITE seulement, tenter de monnayer ce talent. C'est, du moins, mon opinion. Car quelqu'un qui n'écrit que pour l'argent jettera vite l'éponge tant cela nécessite de travail. Un travail souvent solitaire et peu glorieux, d'ailleurs, sans parler du manque de rémunération, au bout du tunnel. Il faut donc écrire par passion et par plaisir.

A. R. Eh bien merci d'avoir répondu à mes questions.

P. B. Merci à toi aussi !

A. R. Et tu n'auras pas dit de bêtises (c'en est presque dommage)...


Pascal Bléval

Pour en savoir plus sur Chroniques d'une humanité augmentée (autoédition)...

dimanche 14 juin 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Roxane Dambre

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Pétillante, Roxane Dambre a répondu à mes questions avec son habituelle bonne humeur. Elle nous parle de ses projets, de ses personnages psychopathes sur les bords et de sa gourmandise légendaire. Vous prendrez bien une dose de sourire ?



Aude Réco : Aucune surprise pour la première question : présentation !

Roxane Dambre : Je m’appelle Roxane et je m’apprête à entrer dans mon 28e été tout en gérant ma double identité : ingénieur de 8h à 18h, incorrigible rêveuse le reste du temps. Mon but dans la vie : conquérir la Terre en rendant les gens un peu plus heureux et sacrifier des chamallows en les grillant sur des feux de camps.

A. R. Ou comment donner faim en quelques lignes. Tu ne serais pas un peu gourmande des fois ?

R. D. Moi ? Jamais de la vie ! Il suffit de lire mes romans - ou mes statuts Facebook - ou d'ouvrir mes placards où je planque mes demi-quintaux de chocolats - pour s'en rendre compte !

A. R. Je pense lasagnes là, tout de suite. À ce propos, comment en es-tu venue à écrire Animae (courez les acheter au passage) et à écrire tout court ?

R. D. Les lasagnes, c'est le meilleur plat du monde ! J'écris depuis des années et des années. Ma mère m'a ressorti il y a quelques mois une petite histoire que j'avais écrite en CP. Illustrée et tout. Ça racontait l'histoire d'une fille qui était différente des autres parce qu'elle avait des bras de deux mètres mais qui finissait par sauver des gens d'un immeuble en feu. J'étais toute émue ! Animae, c'est une idée qui m'est venue un dimanche soir de mai, dans le train qui me ramenait là où je faisais un stage. La lune était pleine et je me disais que j'étais bien contente que les loups-garous n'existent pas vraiment. Ou, s'ils existaient, j'étais bien contente qu'il y ait des gens pour les chasser et les maîtriser. Et si ces chasseurs existaient, j'étais bien contente qu'ils soient assez solides pour les tuer sans que nous autres humains ne nous en rendions compte. Ça m'a travaillée toute la nuit. Le lendemain, Lou est née.

A. R. Lou qui est un personnage vraiment haut en couleur... Y a-t-il un peu de toi dedans ?

R. D. Bien sûr ! Il y a de moi dans tous mes personnages, même dans les affreux jojos. Du coup, je ne révèlerai pas quels points j'ai en commun avec qui, sinon tout le monde va me prendre pour une psychopathe. Par contre, s'il y a bien une chose que je ne partage pas avec Lou, c'est son régime alimentaire. Pour me convaincre de manger de la viande crue, il faut se lever de bonne heure ! Et des criquets, je n'en parle même pas...

A. R. Je reviens sur les origines de la saga et je me demande une chose : qu'est-ce qui te convainc dans une idée ? Je m'explique : au milieu de toutes celles que tu peux avoir, qu'est-ce qui fait que celle-ci sera la bonne et pas sa voisine ?

R. D. J'ai un critère très simple : si j'ai envie de vivre l'histoire qu'apporte cette idée, alors c'est la bonne. Si elle me donne des sueurs froides rien qu'en pensant que ça pourrait m'arriver, je passe mon chemin. Écrire un roman, c'est un énorme investissement de temps et d'émotions, alors je ne choisis que ce qui me remplit d'enthousiasme et de bonne humeur. En plus, mes bonnes idées ont une fâcheuse tendance à se comporter comme des enfants en bas âge. Si je ne m'en occupe pas, elles m'empêchent de dormir.

A. R. Quel est ton genre de prédilection ?

R. D. Petite, j'étais complètement accro aux polars et aux romans d'espionnage. Ensuite, il y a eu Harry Potter et je suis tombée dans la marmite du fantastique. Maintenant, j'aime ce qu'on appelle dans le jargon la "fantaisie urbaine", c'est-à-dire des histoires qui se passent dans notre monde, où le fantastique surgit dans les situations du quotidien. J'adore ça !

A. R. Tes lecteurs aussi ! Comment s'est goupillée ta publication au Livre de Poche ?

R. D. Goupillée ? Dégoupillée, tu veux dire ! Quand mon éditrice m'a annoncé ça, ça m'a fait l'effet d'une vraie bombe ! Ensuite, tout s’est fait très tranquillement, le choix des couvertures, les signatures destinées aux premiers services presse dans les locaux du Livre de Poche (j’avais le cœur qui battait à cent à l’heure, j’étais tellement impressionnée !), puis la sortie officielle et ma fierté infinie quand j’ai trouvé mon livre dans les rayons de la FNAC à côté de chez moi. C’était une sacrée aventure.

A. R. Plutôt numérique ou plutôt papier ? Pourquoi ?

R. D. Le numérique, ça a changé ma vie. ! Je peux acheter beaucoup plus de livres (ils sont moins chers), je n'ai plus de problème de stockage (tu verrais la bibliothèque que j'ai laissée chez mes parents !!) et je peux emporter 40 bouquins en vacances dans mon sac à main. Le papier garde tout de même une grande place dans mon coeur. Le plaisir d'être dans une librairie et de tripoter des bouquins, c'est tellement jouissif...

A. R. Heureusement que je n'ai pas de librairie à côté de chez moi. As-tu des TOC d'auteur ? (Si un quelconque TOC a un quelconque rapport avec la douche, ça voudra dire que les Muses sont des sirènes).

R. D. Oui, mais il ne faudra le répéter à personne ! Je mime toujours les expressions de mes personnages, quand j'écris. Tant que c'est la joie ou la colère, ça va, mais quand je mime le chat terrifié qui s'accroche aux rideaux, je ne te raconte pas ma bobine...

A. R. Je répète mes dialogues en faisant la vaisselle, c'est pas mieux. Quelles sont les conditions pour que tu puisses écrire ?

R. D. Oooh ! J'adorerais te voir faire la vaisselle !! Pour écrire, il me faut un ordi ou un stylo et du papier. Pour le reste, peu importe que je sois sur mon canapé ou dans les transports en commun, dans le silence ou avec la télé/la musique/le brouhaha de la foule, le matin ou le soir... Autre condition absolument indispensable : je dois pouvoir manger du chocolat environ toutes les deux heures. Ça compte encore comme un TOC, ça ?

A. R. Je pense bien. Le TOC qui se moque des kilos ! Tu nous parles de ton/tes projets en cours ? Et Scorpi, tu nous le présentes ?

R. D. Avec plaisir ! Scorpi, c'est l'histoire de Charlotte, une jeune femme tout ce qu'il y a de plus normal qui débute dans la vie, qui se retrouve embarquée par hasard/par erreur dans une famille de tueurs à gages qui n'a aucune idée de comment on se comporte dans le "vrai monde". J'ai tellement ri en imaginant tous ses déboires ! Mon projet actuel, c'est donc de finaliser le tome 2 et d'écrire le tome 3. Ça m'occupe drôlement !

A. R. Tu m'étonnes ! Un truc que tu aimerais vraiment faire en tant qu'auteur...

R. D. Bonne question. Hum... Et toi ?

A. R. Euh... Écrire un roman à quatre mains. Si quelqu'un passe par ici et se propose...

R. D. En fonction de la personne qui écrirait avec toi, ça peut envoyer du lourd, oui !

A. R. Un truc bien barré, le roman. Et toi donc ?

R. D. Oh la la, dur... Ah si ! Rencontrer Julia Roberts ! Ça n'a aucun rapport avec l'écriture, mais j'adore cette actrice.

A. R. Étonnant que tu n'aies pas choisi un beau gosse à la place de Julia Roberts. Ton auteur préféré...

R. D. Ah mais je veux bien rencontrer des beaux gosses aussi, hein ? J'ai un millier d'auteurs préférés. Au moins. Alors disons : Diana Wyne Jones, Gail Garriger, Tolkien, Alex Scarrow... Et pour les auteurs français : Dana B. Chalys, Gabrielle Massat, Jo Ann von Haff...

A. R. Ton morceau du moment...

R. D. La version des Piano Guys de Star Wars. Je peux l'écouter en boucle pendant des heures.

A. R. Un mot pour la fin ?

R. D. Merci de ton invitation, ça m'a fait très plaisir !

A. R. Merci à toi d'avoir accepté.


Roxane Dambre

  • sa biblio : Animae I à IV au Livre de Poche, Scorpi I aux Éditions de l'Épée.
  • sa musique du moment : Cello Wars par The Piano Guys.
Retrouvez ma chronique d'Animae I.

mercredi 3 juin 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Lilian Ronchaud

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Lilian Ronchaud, créateur des éditions L’ivre-Book et véritable touche à tout, nous parle de lecture numérique, des littératures de l’imaginaire et de ses choix.

Aude Réco : Pour commencer, tu nous présentes L'ivre-Book ?

Lilian Ronchaud : L'ivre-Book est une maison d'édition qui publie ses livres en numérique et peu à peu en papier. Maison d'édition généraliste mais avec une préférence pour toutes les littératures de l'imaginaire.

A. R. Comment en es-tu arrivé à créer ta propre maison d'édition ? Et pourquoi ce choix du numérique ?

L. R. Plusieurs facteurs m'ont amenés à créer L'ivre-Book. Tout d'abord une précédente profession qui au bout de 20 ans m'amenait à la dépression, l'envie de travailler dans un domaine qui me plaisait. La littérature m'ayant toujours fasciné, intéressé, j'aimais bien l'idée d'un métier touchant à cette branche. N'ayant aucun talent pour devenir écrivain, j'ai eu l'idée de me renseigner sur l'édition. Entre temps, j'avais découvert la lecture sur tablette et je me suis dit, banco, je me lance comme éditeur et je sors mes livres en ebook.

A. R. Je vais revenir sur les genres de l'imaginaire, qui occupent une place importante chez L'ivre-Book. Comment expliques-tu ça ?

L. R. Depuis que je suis en âge de lire, vers 4 ou 5 ans, je n'ai lu essentiellement que ce type de littérature ; fantastique, science-fiction... J'ai bien sûr élargi mes goûts qui sont devenus multiples, mais j'ai toujours eu beaucoup de gourmandise pour l'imaginaire. Et lorsque je suis devenu éditeur, mon but principal étant de me faire plaisir, je me suis naturellement tourné vers cette littérature. Mais je ne tourne pas le dos aux autres genres, au contraire ; et mes goûts et mes envies sont tellement éclectiques que je suis ouvert à beaucoup de choses.

A. R. En parlant de lecture, si tu ne pouvais emporter qu'un seul livre (oui je sais, c'est cruel), lequel serait-ce ?

L. R. Sans hésiter Le Seigneur des Anneaux, en plus il est très long.

A. R. Tu aurais de la lecture pour un moment... Dis-moi, si tu devais définir L'ivre-Book en trois ou quatre mots...

L. R. Quatre mots : "je prends mon pied" et j'espère que tous mes lecteurs peuvent dire de même.

A. R. Du coup, qu'est-ce qui fait que tu décides de publier un livre ? Quel est le déclic ?

L. R. Il faut simplement que le texte me plaise et le déclic se déclenche de manière si différente que je serais incapable de définir ce qui le met en route. En tant qu'éditeur, je réagis comme un lecteur chanceux qui tombe toujours sur des livres qui lui plaisent. Lorsque je lis un texte qui me plait, je me dis "Bon sang, ça j'aurais bien aimé le lire et le trouver dans ma bibliothèque", et donc je l'édite.

A. R. Tu parles beaucoup de lecture (logique, tu me diras), mais si on prohibait un jour l'imagination ?

L. R. Dans un monde totalitaire, l'imagination est la dernière liberté individuelle, la seule contre laquelle on a aucun garde-fou et contre laquelle on ne doit avoir aucune limite. L'imagination ne fait de mal à personne mais elle fait beaucoup de bien à son propriétaire. Donc, en prohibant l'imagination, on élimine l'homme en tant que tel.

A. R. Quels sont les projets en cours ?

L. R. Mes projets sont un peu comme mon imagination, ils n'atteignent jamais leurs limites. Pêle-mêle : continuer de développer ma collection de romance, relancer ma collection érotique. Rééditer d'anciens titres d'anticipation, éditer une série très sympathique d'une jeune auteure qui s'intitule Sur les dents, lancer une collection sur le Western, rééditer une cinquantaine de titres de Jimmy Guieu dans leur version d'origine, éditer une trilogie de fantasy totalement inédite d'Hugues Douriaux... et surtout essayer de contenter tous mes écrivains et enfin publier leurs titres. Et j'oublie, bien évidemment, énormément de choses.

A. R. Je profite que tu parles de la collection e-Western pour te demander un peu ce que tu prévoies pour elle (sauf s'il s'agit d'une surprise).

L. R. Alors, la collection e-Western sera dirigée par Manuel Essard, très bon auteur de fantasy entre parenthèses, un grand fan de ce genre. C'est en fait lui qui en a eu l'idée et qui me l'a proposée. J'ai dit oui tout de suite. Ce qui est prévu dans cette collection, je n'en ai strictement aucune idée et je lui fait entièrement confiance sur le programme de parution. Et je vais avouer une petite chose : je crois n'avoir jamais lu de western - vu sur un écran, oui, mais pas lu - à l'exception d'un seul titre dont l'héroïne avait les cheveux d'une chaude couleur et dont les initiales de l'écrivain sont SW ; je rajoute une chose : si par hasard ce titre, qui n'a plus d'éditeur, est réédité chez moi, je serai un éditeur qui approche du nirvana.

A. R. Ton morceau du moment ?

L. R. Celui que j'écoute à l'instant : Up in the air de 30 seconds to Mars.

A. R. Un petit mot pour la fin ?

L. R. Je voudrais dire une nouvelle fois à mon épouse Nathalie et à mes trois fils Julian, Rémi et Dorian que je les aime.

A. R. Eh bien je te remercie d'avoir donné un peu de ton temps si précieux pour répondre à mes questions (pas toujours faciles, je te l'accorde).

L. R. Je t'en prie, tout le plaisir était pour moi.


Lilian Ronchaud / Éditions L'ivre-Book

son site : http://www.livre-book-63.fr
sa musique du moment : Up in the air par 30 seconds to Mars.


samedi 2 mai 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Julien Morgan

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Julien Morgan a répondu à mes questions entre un litre de café (ou de bière) et des licornes. Il nous parle de ses projets, de son "hybridité" et de sa Bretagne natale. Trop sérieux s'abstenir.

Aude Réco : On va commencer par une petite présentation ?

Julien Morgan : Une présentation… comme ça, à brûle-pourpoint ?

A. R. Bah ouais.

J. M. Alors, Julien Morgan, vingt ans passés d'un hiver (son équivalent à Westeros, du moins), professeur d'anglais, clown, écrivain le reste du temps. Breton expatrié en banlieue parisienne. Geek à tendance sociable, enfin je crois. J'aime les licornes et c'est ce dont tout le monde se souvient en général.

A. R. On n'avait pas remarqué pour les licornes.

J. M. C'est accidentel !

A. R. Ce pseudo, c'est pour faire un peu chier le monde ou... ?

J. M. C'est un pseudo de longue date… À la base, c'était "Lycophant", mais tout le monde abrège en Lyco. Mais d'une certaine manière, c'était un peu pour faire chier : ça veut dire "tueur de loups", alors que je ne cautionne pas une seconde le massacre des animaux. C'était en rapport à un personnage que j'avais créé… On peut ne pas s'étendre sur ma jeunesse rôliste ?

A. R. Je pensais plus à ton pseudo d'auteur en fait.

J. M. Ah mince. Ce sont juste mes deux prénoms inversés. Et non, c'est très pratique : quand un inconnu m'appelle "Julien", je sais 1) que je dois rester sérieux, 2) que ce n'est pas quelqu'un avec qui j'ai couché sans m'en souvenir. Ce pseudo a une utilité sociale, il ne faut pas croire.

A. R. On va éviter de s'attarder sur ta vie sexuelle si tu veux bien, et passer à autre chose. Tu nous expliques un peu ce qu'est un auteur hybride (pour ceux qui découvriraient) et pourquoi tu as décidé d'en devenir un ?

J. M. Je ne savais même pas que l'appellation était devenue officielle… Un auteur hybride, un auteur qui publie à la fois chez des éditeurs et en indépendant (édité et auto-édité). Je n'ai pas vraiment décidé d'en devenir un, ça répondait davantage à une démarche d'apprentissage de l'édition au départ, et ça a progressivement glissé vers quelque chose de plus réfléchi. Il y a plusieurs années, j'ai découvert que les auteurs indépendants pouvaient vivre de leur plume bien plus décemment qu'en se faisant publier. Ça m'a séduit, forcément ; d'un autre côté, garder un pied dans l'édition traditionnelle a pour avantage de me faire davantage progresser dans l'écriture. J'ai trouvé un équilibre, mais chacun a des aspirations différentes, alors je ne sais pas si je dirais que c'est un exemple à suivre...

A. R. C'est pour ça que je n'ai pas demandé s'il s'agissait d'un exemple à suivre. Quant à l'appellation officielle, aucune idée. J'ai repris celle que j'utilise en fait.

J. M. C'est une appellation intéressante, parce qu'elle est tout à fait en phase avec l'évolution du milieu de l'édition. Les acteurs du livre ont de plus en plus tout intérêt à diversifier leur activité. À travers l'édition indépendante, notamment, mais aussi le transmédia. Ou alors, ils peuvent attendre le résultat de mes expériences...

A. R. Si tu devais te définir en trois ou quatre mots ?

J. M. Aïe, euh... Licornes, bière, AZERTY ?

A. R. T'aurais pas oublié le café ?

J. M. Merde, ça se voit tant que ça que je suis un junkie ? Je pourrais me passer de café. De bière et de licornes, plus difficilement.

A. R. Disons qu'on se reconnaît entre buveurs de café. Peux-tu écrire n'importe où ou te faut-il un espace vital que ton entourage a interdiction d'envahir ?

J. M. Je peux écrire n'importe où, dans un bar blindé ou sur un rocher au bord d'une plage (j'ai MON rocher d'écriture à mon nom ici en Bretagne, oui, oui, je t'enverrai la photo !) ; la seule chose dont j'ai besoin, c'est qu'on ne me sollicite pas. Qu'on ne vienne ni me parler, ni qu'on m'appelle, ni qu'on m'arrache à l'écriture si je suis à fond dedans. Raison pour laquelle j'écris en général la nuit.

A. R. Tiens, d'ailleurs... comment travailles-tu ? Un projet au coup ?

J. M. Dans mes rêves, je suis quelqu'un de très organisé qui prend les choses l'une après l'autre. Dans les faits, je suis hyper-bordélique. J'ai toujours plusieurs projets en parallèle et je passe de l'un à l'autre suivant mon humeur ; j'avance très peu pendant les premières phases d'un projet, mais ça me permet de me familiariser avec ce que j'ai envie d'écrire et comment, et finalement de bonnes idées naissent de cette façon de faire. En revanche, quand je décide d'en terminer un, je me plonge à 100% dedans pendant un mois ou deux.

A. R. Ah tiens, on est pareil. J'ai toujours cinquante trucs sur le feu. Une question par rapport à ton fichier d'idées dont tu parlais l'autre jour : quand considères-tu qu'une idée est viable ?

J. M. Bonne question… Jamais. Je considère que toutes ces idées en soi sont drôles, mais qu'elles ne restent que des idées. Il faut que je tienne une bonne histoire et que ces idées s'y prêtent pour qu'elles deviennent utiles. Par exemple, Le Karma des Coucous (un manuscrit que j'ai terminé, mais loin d'être prêt à voir le jour) est né de l'association d'une histoire à plusieurs idées que j'avais notées en vrac il y a des années.

A. R. À ce propos, tu n'avais pas des idées à distribuer parce que tu en avais trop ou tu t'es aperçu qu'elles étaient trop pourries et tu attends qu'on oublie ?

J. M. Je me suis aperçu qu'il y en avait beaucoup que je risquais d'utiliser dans un nouveau projet, donc je réserve mon don à la communauté à plus tard… Mais si tu en veux une, en voici : un métalleux descend en enfer et se rend compte que son idole a converti tout le monde au bouddhisme. J'ai toujours rêvé d'écrire une bonne histoire autour de ça, sans jamais y arriver. Et je n'ai pas le temps de me pencher sur la question avant plusieurs mois.

A. R. Ah oui. Je note ça dans un coin, faudra que j'essaie. As-tu des TOC d'auteur ?

J. M. Je chante et je danse en écrivant. Et parfois, voire souvent, je joue des scènes ou des dialogues sous ma douche pour voir s'ils fonctionnent… ou juste parce que ça m'amuse (j'ai honte d'avouer ça, mais tant pis).

A. R. On a tous nos petits travers, dirons-nous... Tu nous parles de ton/tes projet(s) en cours ou c'est secret défense ?

J. M. Manhattan 2112 n'est pas un secret défense, ce sera probablement le prochain à voir le jour. Une série B située à New York, en 2112 donc, après une catastrophe biologique : des cafards géants ont envahi l'île de Manhattan et un petit groupe va devoir survivre dans ce foutoir. J'en suis aux corrections et je dévoilerai la couverture prochainement. Au reste, je travaille en parallèle sur un autre projet de space opera, destiné à un éditeur celui-ci. Et quelques petites joyeusetés au format court.

A. R. Quelle horreur ! Ton projet le plus jouissif ?

J. M. Ils sont tous très jouissifs, mais sans hésiter, le livre-web que nous écrivons à douze mains pour les éditions Walrus, Radius. Une expérience de roman en temps réel dans un monde courant à la catastrophe où chacun développe un personnage de son cru. Avec des superpouvoirs et… enfin, je te laisse découvrir.

A. R. Depuis le temps que je dis que je dois m'y mettre, ce sera l'occasion. Qu'est-ce qui t'a amené à écrire Mendung, puis Khashoggi ? Et à écrire tout court en fait ?

J. M. Au départ, je trouvais ça drôle. Ensuite, je me suis un peu résigné. Je ne sais pas faire grand-chose d'autre qu'écrire, alors ça m'a semblé la voie logique. Pour le diptyque des Étoiles, je ne me souviens même plus du point de départ… Sur le coup, ça me semblait une histoire intéressante...

A. R. Comment as-tu appréhendé l'antho À voile et à vapeur par rapport à un chantier personnel ?

J. M. C'était une expérience intéressante. Je crois que je ne me suis pas rendu compte du boulot que ça représentait de diriger une antho (et encore, nous étions deux avec Isabelle Wenta). Nous avons eu de la chance dans la mesure où la moisson de textes que nous avons reçus était diversifiée et originale ; c'était aussi une gageure dans le sens où sélectionner des textes a été difficile. Donc pour répondre à la question, j'ai abordé ce chantier avec ma façon de faire, mais elle n'était pas adaptée à un travail collectif : je ferai mieux la prochaine fois !

A. R. En tant que directeur de la collection Y chez Voy'[el], t'arrive-t-il de regarder un peu ce qui se fait ailleurs en matière de textes dans la même veine ?

J. M. Ça m'arrive assez souvent et ça me laisse finalement assez perplexe. Par exemple, l'une de mes amies américaines vient de signer un contrat chez une maison d'édition spécialisée en littérature M/M française, et elle ne sait pas trop pourquoi dans la mesure où son texte n'a rien de très yaoi. Plus généralement, je me rends compte que ce qui se fait ailleurs place les relations homoérotiques soit très à l'arrière-plan, soit dans un contexte de romance pour la romance. Or, ça a l'air de marcher ; sauf que nous voulons avant tout, pour notre part, publier de l'imaginaire. Et que les manuscrits sont rares… Mais peut-être qu'il y a un travail de communication plus important à réaliser.

A. R. Une expression qui te gonfle prodigieusement ?

J. M. "Untel/unetelle écrit depuis sa plus tendre enfance." Quand je lis ça dans une bio, j'ai envie de tuer des bébés pandas.

A. R. Pas touche aux pandas ! Je croyais que tu ne cautionnais pas le massacre des animaux ?

J. M. C'est dire à quel point ça me gonfle prodigieusement !

A. R. Ton morceau du moment ?

J. M. Nightwish - The Greatest Show on Earth. En dépit de leur dernier album, globalement plutôt moyen, il y a cette invitation magique au voyage sous forme d'hommage à la science, l'humanité et l'évolution. C'est chiant, d'ailleurs : il dure 25 minutes. Ce n'est pas le morceau du moment qu'on se passe en boucle toute la journée.

A. R. Tu as du mal à le digérer ce dernier album. Un livre à me déconseiller ?

J. M. Pas dernièrement, je n'ai pas eu beaucoup de déceptions (toutes lectures de toute ma vie confondues ? ^^).

A. R. Ouaip.

J. M. Après mûre réflexion, je crois que le pire livre que j'aie jamais lu est Les Confessions de Rousseau. Bon, il faut replacer dans le contexte du Bac de français et admettre que je ne suis peut-être pas très objectif… mais quand même, c'est redoutablement hypocrite, chiant et sans intérêt. D'autant plus sans intérêt qu'il m'a valu un 8/20 à l'oral parce que j'ai justement dit ce que j'en pensais à l'examinatrice.

A. R. Ton honnêteté te perdra, que veux-tu...

J. M. Et toi, quel livre déconseillerais-tu ?

A. R. Ah merde. Je ne m'y attendais pas.

J. M. Ce n'est que justice.

A. R. Je me suis profondément ennuyée avec Candide de Voltaire (que j'ai eu au Bac et aussi aux entraînements en classe pour le Bac blanc avec une prof qui ne pouvait pas m'encadrer). Globalement, je hais Molière.

J. M. Est-ce que comme moi tu idolâtres Victor Hugo et Émile Zola pour compenser ?

A. R. J'aime beaucoup Victor Hugo grâce à ma mère qui m'en a acheté plein. Zola, j'ai un peu de mal. J'idolâtre plutôt Jules Verne, mais ce n'est un secret pour personne.
Quelque chose à ajouter pour la fin, à me dire, demander, que sais-je encore ?

J. M. Alors, c'était un honneur de passer sur ta broche.

A. R. Je ne suis pas si terrible que Cécile le dit, donc.

J. M. Les sudistes ont le don de tout dramatiser.

A. R. En tout cas, je suis ravie de t'avoir accueilli dans cette rubrique. J'ai passé un très bon moment. Je te rends ta liberté. Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions.

J. M. Merci à toi ! À très bientôt.


Julien Morgan


  • son site : https://julienmorgan.wordpress.com
  • sa biblio : Les étoiles regardent aussi I et II en auto-édition, Breizh of the Dead chez Critic
  • sa musique du moment : The Greatest Show on Earth par Nightwish.



Retrouvez ma chronique de Mendung (T1 des Étoiles regardent aussi) et celle de Khashoggi (T2 des Étoiles regardent aussi).
Pour en savoir plus sur l'anthologie À voile et à vapeur (chez Voy'[el], collection Y)...

mercredi 22 avril 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Cécile Duquenne

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Cécile Duquenne nous parle de ses Foulards rouges, de Jack London et de steampunk entre deux tasses de thé.


Aude Réco : Qui est donc Cécile Duquenne (pour celles et ceux qui te découvriraient) ?

Cécile Duquenne : Je me présente donc : Cécile Duquenne, auteur de SF, fantasy, fantastique, née en 1988 dans la Provence des lavandes et des cigales. J'ai toujours eu une préférence pour les œuvres hybrides et c'est ce vers quoi tendent mes écrits ! Mis à part ça, je suis aussi doctorante en littérature japonaise, et je travaille sur les littératures d'Hiroshima et de Fukushima. Un sujet passionnant, souvent déprimant, mais d'un intérêt capital pour la recherche en littérature japonaise contemporaine !

A. R. Ah la lavande, ça sent bon ça ! Du coup, je rebondis par rapport à tes études. Que t'apportent-elles dans l'écriture ?

C. D. De la structure et une méthodologie tout d'abord, même si je pense que l'écriture a également nourri mes études pour cet aspect en particulier. Mais elles ont surtout un apport culturel notable, puisque j'ai étudié des cultures très différentes de celles des civilisations européennes : en m'ouvrant au monde et à l'écart culturel, cela m'a permis d'intégrer ce genre de décalages dans mes romans... et de les exploiter ! Soit en en faisant un élément du background, soit en l'utilisant comme moteur de l'intrigue (ce qui est le cas pour Foulards Rouges par exemple, où mes personnages, bien qu'européens pour la plupart, sont tous bouddhistes...) De manière générale, les études sont un puits sans fond de connaissance, et donc, d'inspiration : tout ce que j'apprends à la fac est réutilisé, d'une manière ou d'une autre, dans mes romans, et ce, que je le veuille ou non ! L'inconscient a, en ce sens, une part importante.

A. R. On peut voir sur les réseaux sociaux et sur ton blog que tu jongles entre l'écriture, les salons, tes études... Ton secret pour vivre toujours à cent à l'heure ? L'organisation sans doute, mais ça cache quelque chose moi je dis…

C. D. Du thé, je fume, euh, je bois des litres de thé !!!
Plus sérieusement, plus que de l'organisation, cela demande de compartimenter ces différents aspects : le jour ou la semaine où je travaille pour la fac, je ne fais *que* ça. Certes, le reste n'avance pas pendant ce temps, mais à la fin de ma journée ou de ma semaine, j'ai atteint un objectif (généralement assez gros), et du coup, je peux avancer sereinement sur le reste en me disant que je suis à jour sur au moins un truc.
Après, ça ne fonctionne pas toujours bien : il y a toujours des couacs, des imprévus, et des difficultés... en ce moment, ça ne se voit pas trop, mais j'ai 4 mois de retard sur à peu près tout, à cause de certains événements extérieurs, et c'est super flippant !! Mais bon, vu que c'est irrattrapable, je me suis fait une raison... j'ai prévenu mes éditeurs, et je bosse au mieux pour rendre mes romans dans les temps impartis... et révisés !

A. R. C'est un peu tout ou rien, alors. Un projet précis et voilà.

C. D. Oui voilà, tout ou rien.
Si on commence à s'éparpiller, on ne finit jamais rien en fait, et c'est très vite frustrant et décourageant ! On avance sur un peu tout, mais au final on ne finit rien...

A. R. Sans parler qu'on se retrouve avec 36 dossiers empilés sur le bureau et que ça met un bordel monstre (n'est-ce pas, Aude ? Hum).

C. D. Exactement !

A. R. À propos de thé, si on sait que tu adores ça, quid des animaux ? Chien ou chat ?

C. D. Ni l'un ni l'autre... pour l'instant. J'ai pour l'heure trop d'incertitudes quant à l'avenir pour me trouver un petit compagnon à papattes ! Dans le sens où j'ignore si je travaillerai encore à domicile les prochaines années, ou si je vais devoir me trouver un job alimentaire... et je ne veux pas faire partie de ces gens qui donnent leur compagnon à poils et à papattes à leur famille parce qu'ils n'ont pas le temps de s'en occuper, ou de le sortir, et que l'animal s’ennuie tout seul à la maison... Je sais que les chats sont beaucoup plus indépendants que les chiens, mais la problématique reste la même, puisque je vais être amenée à voyager en Asie sur de longues périodes pour mes études (1 à 3 mois par an selon les besoins) et je refuse d'être irresponsable. Donc tant que je ne suis pas fixée sur l'avenir, je préfère ne pas m'engager pour ne rendre personne malheureux (ni moi ni l'animal).
Quand j'aurai fini mon doctorat, peut-être que ma réponse sera différente...

A. R. Je ne conçois pas non plus qu'on refile l'animal à tout va dès qu'on s'aperçoit qu'on ne peut pas gérer.
On va revenir sur les Foulards rouges (passage obligé). Qu'est-ce qui t'a amenée à ce projet ?

C. D. FIREFLY \o/

A. R. Bonne réponse !

C. D. Ah ah !
J'ai adoré le concept de western de l'espace, et aussi le fait que les civilisations asiatiques aient fait leur "trou culturel" dans nos civilisations occidentales. Sans partir sur un copier-coller, j'ai repris ces trois éléments pour construire un univers et différentes civilisations qui se tiennent entre elles... des thématiques chères à mon coeur, comme la quête de liberté et d'indépendance, se sont greffées à ce projet. Mes études (encore elles) ont mis leur grain de sel là-dedans, puisqu'on étudiait à ce moment le syncrétisme religieux... les inspirations sont donc très variées, à la fois personnelles et extérieures.

A. R. Et toi, saurais-tu être un foulard rouge ?

C. D. Oh que non, je serais très mauvaise : j'ai le mauvais caractère de Lara mais pas son sang-froid, je fondrais en larmes à la première incartade en suppliant qu'on m'épargne.

A. R. Bienvenue au club. Sans oublier la chaleur, pas ma tasse de thé.

C. D. Ah la chaleur, ça va, je suis habituée !

A. R. Je me doute, mais tu sais, le nord... C'est le nord, quoi.

C. D. Ouais, winter is coming et tout et tout !

A. R. Quand tu écris, c'est plutôt le désert autour de toi ou il te faut du mouvement/bruit ?

C. D. Le désert, ou alors du "bruit blanc" sans parole distincte. Il faut que je puisse me concentrer sans qu'un bruit trop fort ou une parole vienne me sortir de ma "bulle". C'est un peu gênant, parfois, mais bon... on ne choisit pas, je crois.

A. R. Pareil pour les paroles. Tu nous parles de Penny Cambriole ?

C. D. Ah ahhhh !
Alors Penny Cambriole, c'est au départ une commande d'un salon du livre (Autres Mondes de Lambesc) dont le thème, cette année, est le steampunk. Ils désiraient faire étudier à des CM1, CM2 et 6e un texte steampunk, avant de se rendre compte que rien n'existait, en roman jeunesse francophone, dans ce genre... du coup, puisque ça n'existait pas, il fallait le créer.
Penny Cambriole est donc une série steampunk adressée aux 8-12 ans. Dans le premier tome, Penny, 12 ans, vit en 2015, mais elle se retrouve propulsée dans un univers étrange, une espèce de "grumeau temporel" où le temps est retenu, et où d'autres enfants sont enlevés à leurs époques personnelles : il y a Maria - la future Marie Curie, 12 ans elle aussi -, ainsi que Jules-Gabriel - de la famille Verne, bien entendu, 10 ans pour sa part - et Jack London avec son chien Rollo, qui sont les plus jeunes - 9 ans tous les deux. Ils ont été enlevés par nul autre qu'Arsène Lupin, qui leur a également volé quelque chose de précieux, mais ils ne savent pas quoi... ils croisent dans cet univers des griffons et des sphinx mécaniques, sont attaqués par des soldats automatisés, et perdus entre les murs d'un étrange Manoir monté sur rouages... que de mystères à résoudre !
Il y a aussi du thé, et de jolis costumes, sans compter une bonne dose d'aventure à 100 à l'heure, comme dans tout bon roman steampunk qui se respecte !

A. R. Cette idée de sphinx me rappelle Le Sphinx des glaces de Verne. D'ailleurs, pourquoi lui et Marie Curie pour accompagner Jack London ?

C. D. Jules Verne est pour ainsi dire l'un des pères spirituels du steampunk, je ne pouvais donc pas passer à côté. De plus, sa passion - véritable - pour l'aventure est un moteur formidable pour le groupe et pour l'intrigue du roman. Il faut savoir qu'à 11 ans, le jeune Jules se serait embarqué à bord d'un navire pour les Indes, sans prévenir sa famille, et qu'il comptait vraiment partir à l'aventure !... Enfin, c'est la légende qui le dit, mais que ce soit vrai ou non, cela fait de lui un véritable aventurier, même à son jeune âge ! Pour Marie Curie, ce fut plus délicat, car je voulais une certaine parité entre les membres du groupe : j'avais les deux garçons, j'avais Penny, et il me manquait une fille... j'ai d'abord cherché du côté des auteurs célèbres du 20e siècle, mais aucune ne me convenait vraiment : j'avais besoin de quelqu'un qui ait des capacités véritables, et spécifiques, qui puissent lui servir au cours d'une aventure. Je suis donc sortie du cercle "littéraire féminin" pour m'élargir aux célébrités féminines tout court des 19e et 20e siècle. J'ai aussitôt pensé à Marie Curie, en me demandant pourquoi je ne m'y étais pas intéressée plus tôt, d'autant que tout un chacun, en France, la connaît au moins de nom... et voilà !

Quant à Jack London, c'est mon auteur préféré de tous les temps, je ne pouvais pas passer à côté de lui... et puis il a Rollo, son adorable chien, c'était le duo parfait pour se lancer à l'aventure !

A. R. Bien joué ! London est donc ton auteur préféré. Qu'est-ce qui l'a érigé à ce rang ? Le côté chercheur d'or, l'aventure dans ses livres, les paysages de ceux-ci ?

C. D. Ce n'est pas sa vie ni son expérience de chercheur d'or, ni l'aventure, ni les paysages. C'est la thématique profonde de ses œuvres, qui est aussi celle qui me tient le plus à cœur : l'humanité à travers la liberté. On la retrouve en filigrane de chacun de ses romans, et son chef-d’œuvre le plus absolu reste pour moi Le Vagabond des étoiles. C'est triste que cette œuvre soit si méconnue du grand public, car c'est la plus aboutie, la plus émouvante, vibrant d'une soif de liberté renversante !

A. R. J'avoue ne plus bien me souvenir de ses récits, je l'ai beaucoup lu étant enfant, mais plus depuis.

C. D. Là, c'est un roman complètement adulte, il ne faut absolument pas le mettre entre les mains d'un enfant ! Cela se passe dans une prison absolument atroce - qui a existé, en plus - et dans le couloir de la mort plus exactement. Certaines scènes sont à glacer le sang, mais la manière dont Darrell échappe à cet univers carcéral en revivant ce qu'il pense être ses vies antérieures... c'est sublime.

A. R. Que devient ton projet La Tour ? Tu projetais de l'auto-éditer, pourquoi ? Est-ce toujours d'actualité ?

C. D. Il se repose tranquillement en attendant son heure. Je souhaite terminer la saison 2 des Foulards et les corrections de Penny Cambriole avant de m'y remettre !
Je projette de l'auto-éditer pour plusieurs raisons, la première étant que ce roman a été écrit en trois jours, dans une frénésie d'écriture, et qu'il ne revêt pas la forme de ce qui se fait habituellement dans l'édition traditionnelle.
D'autre part, et c'est là une raison bien moins évidente à avouer tellement les gens ont "peur" de parler argent en France, et surtout quand c'est lié à l'ART (qui devrait rester pur, etc.) : l'édition traditionnelle paye mal, et elle ne paye qu'une fois par an. L'auto-édition, c'est potentiellement ouvrir ses finances à des revenus réguliers (si revenus il y a), qui sont versés chaque mois, ou chaque semaine.
Je ne sais absolument pas si La Tour va marcher en auto-édition. Si ça me permettra de vivre plus sereinement d'année en année en me demandant si je vais toucher assez pour pouvoir un jour envisager non d'en vivre mais au moins d'en "survivre". Ce que je sais, c'est que je ne saurai pas si ça va marcher ou non tant que je n'aurai pas essayé. Alors... j'essaye ! Il y a aussi un geste "politique" derrière tout ça : vu que le droit d'auteur ne permet pas aux auteurs de vivre, alors je prends le taureau par les cornes, et je m'hybride ! Il n'y a aucune honte à dire que l'on veut vivre décemment de sa plume. Si l'auto-édition me permet de faire ce que je veux faire (à savoir continuer d'écrire et être lue) tout en étant plus sereine financièrement, alors tant mieux. Au pire, ça ne marchera pas, et je continuerai quand même à écrire

A. R. À défaut de parler argent, les Français aiment bien râler... Tu as raison, mieux vaut vérifier, tu seras fixée ! Tu as donc écrit ce roman en trois jours (et tu anticipes mes questions depuis tout à l'heure). Le referais-tu et pour quelle raison ?

C. D. Oui, il a été écrit en trois jours (désolée, ah ah, d'avoir anticipé), et si c'était une expérience extrêmement enrichissante et productive, je ne pense pas la retenter de sitôt : c'est comme les marathons, si l'on en court plus d'un par an, on met sa santé en danger ! Je me relancerai sûrement dans un tel exercice à l'avenir, mais pas avant un ou deux ans... c'est intense, et la création a besoin de temps ! On peut se permettre de telles accélérations de temps en temps, mais pas souvent. Du moins, moi je ne le pourrais pas.

A. R. Faut que je tente moi aussi. C'est que vous m'avez tous donné envie l'année dernière !

C. D. Niahahahahaha ! Il y a plein de ponts en mai, ce serait l'occasion de te lancer... je dis ça je dis rien.

A. R. Un projet avec lequel tu as vraiment pris ton pied (et interdiction de dire tous) ?

C. D. Humm, dure question en effet !... Non, mais en fait je sais déjà quoi répondre : Foulards Rouges, parce que c'est mon plus énoooooorme projet à l'heure actuelle, et que je m'y plonge corps et âme depuis 3 ans, et que plus j'écris, plus j'aime mes personnages, et plus je les aime, plus j'ai envie d'écrire... c'est le seul projet sur lequel je n'ai jamais vraiment eu de période "creuse", il hante toujours un coin de mon esprit.

A. R. Si un fou furieux menaçait de brûler ta bibliothèque, quel livre sauverais-tu ?

C. D. Le Vagabond des étoiles ! Et Le Royaume de Kensuké, de Morpurgo, qui traite des mêmes thèmes en fait... mais que j'avais lu à l'âge de 10 ans (c'est du jeunesse cela dit, pas aussi sombre que l’œuvre de London, bien au contraire même !) !

A. R. Alors là chapeau ! Moi j'aurais répondu tous mes Jules Verne, le truc bien lourd à porter, quoi.

C. D. Ah ah ah, en version intégrale reliée, édition Hetzel illustrée ?

A. R. Dans le mille !

C. D. \o/

A. R. Sans parler de mon énoooorme Vingt mille lieues sous les mers avec croquis, notes manuscrites sur la faune et la flore sous-marine...

C. D. Quitte à n'en sauver qu'un, ce serait lui alors, non ?

A. R. Mon préféré étant Michel Strogoff (en deux tomes), j'aurais bien du mal à choisir quand même.

C. D. On va dire que t'as deux bras, et que dans un carton, ça passe pour les porter en courant ?

A. R. Je me dis que s'il y a le feu, j'aurai besoin d'un bras pour porter mon Champollion.

C. D. xDDD

A. R. Tu écoutes quoi en ce moment (dans le sens large du terme ou là maintenant si tu écoutes quelque chose) ?

C. D. En ce moment, j'écoute cet album en boucle :
http://www.deezer.com/album/7243597

A. R. Merci pour le lien !

C. D. De rien ! La chanteuse est top, mais celui-ci est, selon moi, son meilleur opus

A. R. Il faudra que j'y jette une oreille alors. J'ai pensé à toi en "cuisinant" ma première victime, mercredi : on a parlé Lindsey Stirling.

C. D. Ah, elle aussi je l'écoute beaucoup ♥ Shatter me est SUBLIMISSIME !!! (Puis c'est la chanteuse d'Halestorm, groupe que j'adore aussi, qui chante... j'étais conquise d'avance quoi !).

A. R. D'une pierre deux coups. Un petit mot pour la fin ?

C. D. Qui veut du thé ?

A. R. Des écrivains japonais, alors.

C. D. Merci, en tout cas, pour cette session "je cuisine un auteur", qui m'a fait très très plaisir ♥ (j'ai lu ton dernier article hier en rentrant, sur Ocre rouge, très intéressant !). (D’ailleurs tu as fait une remarque sur le steampunk qui a provoqué une jolie réflexion de fond sur un de mes univers, ça va bien m'aider) ♥


Cécile Duquenne

  • son blog : gabytrompelamor.livejournal.com
  • sa biblio : Entrechats chez Voy'[el], Nécrophiles Anonymes I, II et III chez Voy'[el] (papier) et Bragelonne (numérique), Foulards Rouges saison 1 chez Bragelonne (collection Snark), Purespace aux éditions du Petit Caveau et Foulards Rouges saison 2 à paraître chez Bragelonne.
  • sa musique du moment : Fight Like a Girl par Emilie Autumn.



Retrouvez ma chronique d'Entrechats.

J'en profite pour ajouter le résumé du livre préféré de Cécile, qu'elle m'a gentiment envoyé :
« Dans la prison d'État de Californie, à San Quentin, Darrell Standing s'apprête à être pendu. Il y a huit ans, alors professeur d'agronomie à l'école d'agriculture de Berkeley, il a été condamné à perpétuité pour crime passionnel. Sur les huit années d'incarcération, il a passé cinq ans dans les ténèbres d'un cachot, surnommé la "mort vivante". Victime d'une dénonciation calomnieuse, il est maintenant condamné à mort. En attendant l'heure fatale, il s'évade au gré de son imagination dans le passé. Il se voit ainsi au cœur du Paris de Louis XIII sous les traits du comte Guillaume de Sainte-Maure ; comme enfant rescapé d'une caravane de pionniers massacrés par les Indiens ; en marin anglais marié à une princesse coréenne du XVIe siècle ; comme matelot viking bientôt reconverti en centurion de Ponce Pilate au moment du procès de Jésus ; en homme des cavernes à l'aube de l'humanité. Passant du réalisme au fantastique, de l'univers monotone et exigu d'une geôle aux rebondissements émaillés de prodiges, Le Vagabond des étoiles est à la fois un procès contre l'univers carcéral et un hommage à l'imaginaire. Considéré comme son dernier acte de militant socialiste, comme son testament littéraire et philosophique (Jack London meurt un an après la parution de son livre), c'est aussi l'un des chefs-d'œuvre de l'auteur. »
- Céline Darner.

vendredi 17 avril 2015

[Entre les lignes] Blabla avec Agnès Marot

Qui de mieux que les acteurs du milieu littéraire pour nous en parler ? Ils sont auteurs, illustrateurs/trices, anthologistes, correcteurs/trices, éditeurs/trices... Je vous les sers sur un plateau à travers des questions sur leur travail, sur leurs publications, sur les petits trucs qui façonnent leur écriture, leur univers.



Agnès Marot a accepté d'inaugurer cette nouvelle rubrique d'entretiens. C'est sous le soleil que nous avons papoté mercredi pendant une heure quinze. Bonne humeur garantie ! Je vous laisse découvrir.


Aude Réco : On va attaquer par une petite présentation ?

Agnès Marot : Ah ah, c'est la question la plus difficile, ça.

A. R. Je sais !

A. M. Donc, j'ai 25 ans et toutes mes dents (sauf celles de sagesse, les médecins ont décrété que c'était pas bon pour mon grain de folie), j'aime le thé et le chocolat, et je travaille chez moi, supportée par mon chat qui pionce sur mes genoux. Sauf quand il fait beau, comme là, où je travaille ici (photo à l'appui).
En ce qui concerne mon parcours : j'ai fait des études de lettres et d'édition, et depuis je vis grâce à mon statut d'indépendante, sous plusieurs casquettes avec lesquelles je jongle.

A. R. À ce propos, si tu nous parlais de ton métier d'éditrice indépendante ? En quoi ça consiste ?

A. M. - D'abord, celle d'éditrice et correctrice indépendante : je travaille en externe pour différentes maisons d'édition, notamment Hachette jeunesse et Milady en ce moment.
- Ensuite, celle de directrice de collection, où je choisis des romans Young Adult pour une autre maison d'édition.
- Enfin, celle d'auteure jeunesse.
Pour développer plus précisément le métier d'éditrice indépendante, ça consiste en général à réceptionner le texte du traducteur (je travaille surtout sur des traductions, donc), le relire et le retravailler avec lui, puis soit le faire corriger par une correctrice externe et valider derrière elle, soit le corriger moi-même. Je rends un fichier propre, prêt à être envoyé en maquette, à l'éditeur.

A. R. En effet, ça jongle dur ! Tu as un retourneur de temps ou un autre tour dans ta manche pour réussir à tout gérer ?

A. M. Un truc magique : ça s'appelle l'organisation.  C'est vital, pour moi, de bien marquer mes deadlines et de m'organiser au jour le jour pour les tenir. Je dis au jour le jour, parce que mon planning change assez souvent, vu que tout ça génère pas mal d'imprévus et d'urgences. Donc, si je ne reçois pas le fichier sur lequel je devais travailler, je commence autre chose et je revois mon planning pour tenir les délais quand même. Et une règle d'or : pas de travail le soir et le weekend, sauf absolue nécessité (l'écriture fait parfois exception, Muse a ses exigences !).

A. R. En parlant d'organisation, je me demandais : et en écriture, aussi organisée genre on ne change pas une équipe qui gagne ou bordélique notoire ?

A. M. Un peu entre les deux, probablement, mais plutôt du côté bordélique. J'écris sans plan, déjà, avec une simple ligne directrice. Et j'écris beaucoup par à-coups, puis plus du tout pendant des jours, parce que ma muse est un peu du genre "tout ou rien".

A. R. On va revenir sur ta casquette d'éditrice indépendante. Je ne sais plus qui a dit qu'il n'existerait réellement qu'une quantité très limitée d'histoires originales (je ne me rappelle plus combien), les autres découlant plus ou moins de celles-ci. Qu'en penses-tu en tant qu'éditrice indépendante ? As-tu parfois cette impression ?

A. M. Pas du tout. Je suis plutôt de ceux qui pensent que chaque histoire est unique, quel que soit le nombre de fois où le sujet dont elle traite a été abordée avant. Récemment, justement, j'ai travaillé sur le Premier, de Nadia Coste (éditions Scrineo), qui réussit à innover et offrir un roman original - et génial - sur le sujet de l'opposition vampire/loup-garou (dont je ne suis pourtant pas friande du tout).

A. R. On est d'accord sur ce point, donc. Tout à l'heure tu parlais de Muse. Comment domptes-tu ton imagination ? Ce serait plutôt idées brutes que tu peaufines sur le tas ?

A. M. Exactement. C'est un peu ce que j'expliquais dans un article de blog : je pars d'une situation, en sachant quelle sera la fin et qui seront les acteurs, et je creuse au fur et à mesure que j'écris. Je ne la dompte pas, en fait, cette imagination : au contraire, je lui laisse libre cours. C'est là que je fais les meilleurs textes.

A. R. Ça donne quoi alors Agnès auteur ? Tu t'enfermes dans une sorte de bulle ou au contraire, il faut que ça bouge autour de toi ?

A. M. Je préfère le calme, soit le silence soit la musique dans les oreilles, pour m'immerger dans mon roman. De toute façon, ça vaut mieux : je suis pénible s'il y a du monde autour, parce que je n'aime pas qu'on fasse irruption dans ce monde que j'écris pour m'en tirer de force. C'est pour ça aussi que j'ai besoin de périodes sans écriture : parce que je me nourris de la vie à ce moment-là, avant de m'isoler pour la mettre dans mes histoires.

A. R. Des habitudes d'auteur, je suppose que tu en as, mais est-ce que certaines virent à la manie, au TOC ?

A. M. Le "pomme S" entre toutes les phrases (ou presque) pour sauvegarder ! (Je le fais même quand j'écris des mails ou sur un forum, maintenant.) Sinon, je ne crois pas, mais il faudrait plutôt demander à mon entourage.

A. R. Je fais pareil, ça en devient maladif.

A. M. On devrait fonder un club.

A. R. Je crois qu'on serait beaucoup.

A. M. Tous ceux qui ont perdu un bout de chapitre par inadvertance, je suppose.

A. R. Si tu devais te définir en trois ou quatre mots...

A. M. Ouah, c'est dur ça !
- Passion, déjà, pas de doute.
- Chat (parce que j'adore mon confort, me vautrer au soleil et que quand j'ai décidé que je voulais quelque chose, je ne lâche pas le morceau jusqu'à ce que je l'obtienne). Et, euh...

A. R. En deux mots, c'est bien aussi.

A. M. Carpe Diem !

A. R. À propos de chat, elle (je crois que tu as une fille), t'accompagne dans tes pérégrinations éditoriales ou elle regarde ça de loin ?

A. M. Elle m'accompagne ! D'abord, elle est là pendant l'acte d'écriture, sur mes genoux ou à mes pieds ; elle me force à faire des pauses quand je travaille trop (miaou ?), elle fait la danse de la joie avec moi quand j'ai une bonne nouvelle (mais je ne suis pas certaine qu'elle apprécie ?), et elle prend la pose avec tous mes romans quand ils arrivent enfin à la maison. Un vrai chat d'écrivain (noir, en plus !).
Oh, et récemment, elle est devenue un personnage d'un de mes romans, aussi...

A. R. Un chat dans toute sa splendeur ! Tu nous parles un peu de Play your life à paraître chez Gulf Stream ? Le processus de réécriture est un peu différent de d'habitude, non ?

A. M. Je suis justement en train d'y travailler. C'est donc avec plaisir !
C'est effectivement un processus particulier et nouveau pour moi, car je dois, d'une trilogie, faire un one-shot (un seul tome, donc). Je garde l'histoire globale, mais je dois me concentrer pour ne garder que l'essentiel, le mettre en valeur, au lieu de le noyer au milieu de plein de trucs qui sont chouettes mais qui ne font pas avancer le shmilblick. En fait, j'ai carrément choisi un autre angle d'approche, qui va mixer plusieurs trames sur une temporalité différente. J'ai choisi une ligne directrice, et tout ce qui n'a pas de rapport évident avec elle et/ou ne lui apporte pas une vraie avancée passe à la trappe. Et c'est là que c'est magique, parce qu'en fait, avec les ajustements de mon nouvel angle d'approche, ça colle plutôt bien ! Du coup, je me demande pourquoi je n'ai pas fait ça dès le départ

A. R. Parce que pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Ça ne doit pas être facile tous les jours ?

A. M. Oh, si, je m'éclate ! J'adore le travail de correction, au contraire. Voir l'histoire se révéler sous mes yeux, donner enfin le potentiel que je voulais lui donner au départ. (Enfin, je dis ça, mais si ça se trouve quand je me relirai je trouverai ça tout nul.

A. R. C'est parfait alors ! Et si on prohibait un jour l'imagination ?

A. M. Argh. En fait je ne sais même pas si c'est possible. C'est trop essentiel à tout le monde (même les plus purs scientifiques ont besoin d'imagination pour leurs recherches).

A. R. J'aime bien les questions tordues, pas pu m'en empêcher.

A. M. J'aime bien aussi, ça permet les défis.  Et puis, dans mes livres, c'est justement ce que je défends : cette liberté qu'on a tous, qu'on ne doit pas s'interdire quel que soit le contexte. Cette volonté d'imaginer autre chose que ce qui existe, parce que c'est comme ça qu'on avance. Donc, je suppose que si ça arrivait, je continuerais à écrire. Et je me battrais encore et encore pour empêcher ça.

A. R. Puisqu'on parle de livres, lequel de ta bibliothèque conseillerais-tu ?

A. M. Tous ! (Oups). Je ne garde que les livres qui m'ont marquée, en fait, donc j'aurais bien du mal à faire un choix. Tout dépendra du goût du lecteur en face et de son envie du moment. Toi, par exemple, tu as envie de quel genre ?

A. R. Je dirais SF.

A. M. Plutôt adulte, jeunesse, YA ?

A. R. Adulte.

A. M. Rivage des intouchables, Francis Berthelot. Un de mes romans préférés, magnifiquement bien écrit, hyper intelligent et bourré d'émotions. (Sinon, en anticipation très proche, il y a Fortune Cookies, de Silène Edgar, un bijou ♥).

A. R. Faut que je me le procure, mais j'ai une PÀL qui dégueule de partout.

A. M. Ah, toi aussi ?

A. R. Je crois que c'est un peu beaucoup tout le monde. Ta musique du moment, ce serait quoi ?

A. M. Là tout de suite : les albums de Maria Mena, c'est beau et ça colle bien à ce que j'écris. Sinon, mon obsession musicale du moment, c'est Lindsey Stirling, je l'écoute en boucle.

A. R. Ah, toi aussi pour Lindsey Stirling ? J'écoute justement Shatter Me en ce moment.

A. M. Aaaah peut-être ma préférée ! Elle me donne envie de chanter, d'écrire et de danser en même temps. Pas pratique, mais très motivant.

A. R. J'ai un faible pour Master of Tides et Take Flight (orchestral version). Un dernier mot ? Un truc à dire, à me demander ?

A. M. Voui ! Bravo pour le V&S Awards pour tes Noces d'éternité ! Tu as d'autres projets en cours ?

A. R. Hey ! Merci ! Oui, toujours. Là je bosse sur Ocre rouge, un western steampunk avec des prises de bec, beaucoup de sable (logique) et des flingues (une arbalète aussi).

A. M. Miam.

A. R. J'ai aussi une romance dans le Paris des années folles sur le feu. Et quelques petites choses qui aboutiront peut-être auprès des éditeurs intéressés.

A. M. Chic alors ! Je croise les doigts.

A. R. Voilà. C'est fini. Je te remercie d'avoir accepté ma proposition. Tu as super bien joué le jeu, c'était sympa.

A. M. Avec plaisir ! Merci à toi.

Agnès Marot

  • son site : http://lesmotsdaelys.blogspot.fr
  • sa biblio : Le secret des Bois-Noirs chez Imaginemos, La couleur de l'aube aux éditions Armada, De l'autre côté du mur au Chat Noir, Notes pour un monde meilleur à paraître au Chat Noir et Play your life à paraître chez Gulf Stream.
  • sa musique du moment : Shatter Me par Lindsey Stirling.